Ces beaux noms d’hérésies renvoient à une nature qui s’oublierait assez pour échapper à la loi, mais se souviendrait assez d’elle-même pour continuer à produire encore des espèces, même là où il n’y a plus d’ordre. La mécanique du pouvoir qui pourchasse tout ce disparate ne prétend le supprimer qu’en lui donnnant une réalité analytique, visible et permanente : elle l’enfonce dans les corps, elle le glisse sous les conduites, elle en fait un principe de classement et d’intelligibilité, elle le constitue comme raison d’être et ordre naturel du désordre. Exclusion de ces mille sexualités aberrantes ? Non pas, mais spécification, solidification régionale de chacune d’elles. Il s’agit, en les disséminant, de les parsemer dans le réel et de les incorporer à l’individu.
Michel Foucault Histoire la sexualité, 1 : la volonté de savoir / 1976

12 juillet 2026

L'enfer

 Je ne comprends toujours pas pourquoi cela se produit ni pourquoi cela devient évident seulement maintenant… Mais avec le temps, tout semble se traquer. C'est comme le changement climatique dont les conséquences surpassent toujours les prévisions les plus pessimistes. Le respect de l'altérité s'est définitivement perdu, les dirigeants ignorent le peuple, les élites s'enlisent, l'art est devenu insignifiant et les gens se méprisent mutuellement. Les rêves semblent avoir disparu avec le subjonctif, personne ne veut plus agir pour changer les choses, et les idéologies ont perdu leur sens. On consomme au-delà du raisonnable, on prend cher, on paie, on achète, on dépense pour se dire vivant. Autrefois, tout paraissait si lumineux et éclatant, même si nous étions tout aussi perdus dans la même pagaille. Aujourd'hui, tout paraît sombre et dégueulasse. Personne n'a envie de faire quoi que ce soit. Tendre la main à quelqu'un n'est plus une option pour personne. C'est le vide total. Cette situation devient oppressante, car on ressent de plus en plus le poids écrasant d'une fin qui approche à grands pas. Moi je n'ai guère d'avenir, mes perspectives sont tellement réduites que je ne supporte plus d'entendre un enfant pleurer, ça me bouleverse trop cette injustice présente quand la véritable injustice, l'abominable injustice se révèlera lorsqu'ils entreront dans l'univers que notre inaction et notre paresse leur a préparé.

Je vieillis, ce monde est d'une connerie abyssale, je constate. Je vieillis dans une bulle avec celui qui a bien voulu faire un bout de chemin avec moi. 


  

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