11 novembre 2009

STRELLA, le film à voir, malgré tout!!


On connait
P.H. Koutras, réalisateur du cultissime Attaque de la moussaka géante. film ambitieux dont la portée philosophique devait cependant échapper à beaucoup, alors qu'en Occident l'idée même de moussaka demeure définitivement attachée à ce concept belliqueux. on le connaît peut-être trop dans ce cadre rigolade gay déjantée, série Ω . pour son troisième opus il choisit la veine tragique, et signe Strella. le synopsis nous dit: Yorgos a passé quinze ans en prison pour meurtre. à sa sortie Athènes lui est devenue étrangère, et il y cherche son fils perdu de vue. dans un hôtel sordide il rencontre Strella, la transexuelle, chanteuse de bar et prostituée occasionnelle, dont il s'éprend... le film sort en France le 25 novembre, la critique parait plutôt partagée entre l'intérêt du sujet et une réalisation qu'elle juge souvent paresseuse. bien sûr je n'ai pas vu le film, j'ai lu que Koutras a rencontré pas mal de difficultés, côté producteurs déjà, mais les acteurs aussi qui se défilaient par peur d'être compromis dit-on, du moins leur image... Cependant le film a retenu l'attention des festivals de Berlin et de La Rochelle. vu d'ici, où il ne sera sans doute pas programmé, parceque le directeur de salle sera plutôt réticent vis à vis de ce genre de film..., ça donne envie d'être vu... ne serait ce que pour en remontrer à tous ces gens bien pensants qui maintiennent bien en place ces tabous qui empèchent les gens de vivre leur vie. voilà qu'on parle du courage de Panos Koutras.
Strella, 1h.51mn, avec Mina Orfanou, Yannis Kokiasmenos, Minos Theoharis, Argiris Kavidas, Betty Vakalidou... ,réalisateur et scénariste Panos Koutras.

03 novembre 2009

pourquoi? pour qui?

Pourquoi revenir ? je me pose la question. Pourquoi ? et la suivantedonc, pour qui ? ouh ! la !... ça y est, soudaine perspective abyssale qui s’ouvre devant moi, tout le plan épargne de ma gestion de l’existence… comment elle dit la banquière déjà ?.... ne vivez pas par anticipation monsieur… faites des réserves, elle m’énerve celle-là, on se comprend de moins en moins. J’entends faites des rêves… et j’ai pas besoin de ça pour m’éparpiller. Je ne te laisserai pas bouffer l’héritage, c’était il y a longtemps déjà qu’on m’assenait fraternellement l’avertissement familial, tellement typique de cet esprit quand on veut bien se l’avouer. tellement de similitudes…. mais je m’égare.

Donc pourquoi ?.... c’était ma question, celle de tout un chacun, certes. Il y a quelque chose d’un peu prétentieux là-dedans qui gène mes bases intellectuelles christianiques, lesquelles je flatte illico en prétextant une forme d’amusement gratuit et juste ce qu’il faut de narcissique pour ne pas tomber dans l’excès. Ne pas écrire me manque, même lorsque mes journées sont bien trop remplies. Ecrire m’assomme même lorsque j’ai tant à dire. c’est ainsi que je balance et procrastine lamentablement.

Les habits du blog, s’en revêtir de nouveau. Je voulais changer, puis non, puis oui, et puis non, manière de gagner du temps, laissé filer pour rester dans la métaphore couturière. et de nouveau la solitude de l’hiver, égarée dans ces paysages que d’autres croient voués à l’été. lui s’en est allé, petits messages, longs appels, caresses dans les ondes, on s’imagine sérieux et adultes mais nous sommes des enfants épris de jeux, avides de sucreries. je ne sais pas pourquoi, mais voilà, je sais que c’est pour lui, l’abscence de lui.

vraiment je suis content, j’écoute Benjamin Biolay, sur les Inrocks cette semaine ils écrivent à son propos : le mauvais garçon qu’il vous faut, joli, excellente recommandation, La Superbe , superbe…

On reste, Dieu merci à la merci d’un conifère

D’un silence inédit, d’une seule partie de jambe en l’air

Le soleil est assis du mauvais côté de la mer

Quelle aventure, quelle aventure!

(C’est si beau, non…, musique en confidences, presque faites à soi-même ne le dirait-on pas ?

ils sont pour moi ces mots ? mon soleil s’est assis de l’autre côté de la mer…

Ecouteur, auditeur, et lecteur, oui lecteur des autres qui paraissent avoir tant à dire, et écrivent si bien ce qu’ils ont en tête, ça me ressemble souvent, et après tout je ne ferais pas mieux)

On reste, Dieu merci à la merci d’un abris-bus

Ne reste pas ici, on entend sonner l’angélus

Le soleil n’est jamais plus triste que les cirques russes

Quelle aventure, quelle aventure!

25 octobre 2009

rencontre 1

"c'était choisir, choisir entre le travail et le social. le premier, faire une saison à P.V. ne laissait aucune chance au second. je me suis laissé bouffer, complètement nier, le trajet, les horaires, les gens... dévorer tout cru, sans résister, au contraire même. j'en redemandais. des heures le jour, des heures la nuit, rentrer K.O. toujours. je ne communique pas assez, parce que je suis comme ça, profondément, mais aussi parce que je ne m'en laisse pas le temps et moins encore l'énergie en ce moment." il se tait, on se regarde, c'est sur ce seuil que le livre nous a amenés, lui pas un autre, ce jour-là Montaigne version Michel Onfray, Vivre à propos, se sent plus fort. en le franchissant ce seuil nous passerons du terrain des confidences à celui de l'intime. je demeure silencieux, bêtement. à cet instant ni lui ni moi ne savons ce que nous allons faire dans cet immédiat où chaque instant nous précipite, et pourtant à l'un comme à l'autre tout parait déjà scrupuleusement écrit quelque part. une évidence. c'est sur sa couverture que nos mains se rencontrent, se touchent. je l'attire à moi, le livre bien sûr mais il n'ôte pas sa main, il semble me le donner avec grâce. me le transmettre tandis que c'est moi qui lui en conseillais la lecture, je comprends qu'il fait partie du livre. "je paie, c'est moi qui lirai en premier", c'est tout ce que je trouve à dire pour justifier mon cadeau, le dire à ses yeux si bleus, à son sourire. il se saisit d'un paquet de préservatifs dans la boite qui se trouve sur la caisse et le pose sur le livre. "tiens prends aussi ça, j'ai envie de faire du social... et toi?"

21 mai 2009

Une pensée pour Michael Causer .....

l'initiative de Paul Harfleet, A Pansy for Michael Causer..., est vraiment très belle, je la trouve solaire, lumineuse et chaleureuse, en ce sens qu'elle réchauffe ce qu'il y a de plus humain en nous. C'est un geste créatif et doux, basé sur une fleur plutôt commune, plutôt modeste, à la poétique désuète, mais d'une symbolique riche et populaire. Il l'inscrit dans l'espace d'un drame homophobe. mise en place sociale à laquelle s'associent voisins, amis, police locale et associations. une installation réfléchie, ligne de fleurs, comme un trait d'union, mise en place d'une mémoire collective apaisante parce que matérialisée, visuelle et vérifiable par tous, impliqués ou non. Ce serait bien et bon qu'un tel geste se généralise et partout vienne sublimer chacun de ces lieux d'horreur et de honte.(The Pansy Project at Homotopia 2007.)

03 mai 2009

nuit

j'aime mes nuits obscures, silencieuses et inodores. je suis ainsi qu'un rien m'éveille pour me remettre en tête les ignominies des jours passés. j'aime plus encore quand les frémissements de son corps apaisé se font tumulte et déchirent cette trompeuse ataraxie.

01 avril 2009

"familles je vous hais"


l'attachement quasi maladif de certains à cette notion me demeure une énigme. hors l'enfermement que soulignait Gide, le psychodrame permanent résultant de cet agrégat consanguin m'a suffisamment blessé pour que je prenne définitivement mes distances avec. dernier évènement en date à rejoindre le passif de la douloureuse institution, la spoliation inter-fratrie pratiquée comme s'il en allait de la survie-même du code génétique concerné. me voici donc prévenu, l'appartement parisien de notre mère sera vendu, au bénéfice d'icelle bien sûr, du moins me l'assure-t'on quand je constate avec quelle soudaineté la joie a réinvesti le visage d'une sœur endettée jusqu'à l'os. on me dit plutôt négatif et soupçonneux, mais n'est-ce pas la maison de vieux que je reconnais là à son vilain remugle. Bon, qui plaindre ici des sœurs, des fils ou de la mère, moi qui m'indigne sans même parvenir à la colère?, ces gens me sont définitivement étrangers.Tant d'années passées de choc en souffrance pour ces quelques jolis souvenirs d'enfance qui clapotent parmi des larmes bien banales, ni joyeuses ni tristes,seulement dédiées aux temps perdus. On n'était pas là pour s'aimer en fait, dans l'ambiance feutrée des sales petits calculs, les uns contre les autres, chacun devait y laisser des bouts, oublier son être, se sacrifier. Cette vente m'accable et me libère, immeuble, quartier, odeurs ou bruits, lumières et bris de ciel, gens, commerces, tout était mien, tout était moi. Coins, recoins, éclats de rires, pleurs, joies et chagrins, premières amours, mondes secrets dans les toits de l'immeuble. Tout est là, dans ce petit espace de ville qui fut mienne un ridicule bout de temps. De gré ou de force il faut grandir, et vieillir aussi.

28 mars 2009

La voix de son maître, propos orléanistes

Voici quelqu'un qui assène à longueur de temps des vérités plus proches des superstitions les plus archaïques que de la raison pure, et, brutal changement de décor lexical, le même s'exprime soudain en termes scientifiquement avérés, preuves à l'appui, dit-il. Qu'est ce qu'il lui prend à celui-là encore? Ce co-instigateur de marches pour la vie qui se voudraient inspirées des ligues anti-avortement US.? Il le veut mon avis sur l'efficacité de sa vie de prière? Ne laisse-t'elle rien passer? Non, je ne vois même pas l'intérêt de le lui donner. Prenons plutôt l'avis de cet ultra gauchiste célèbre, François René de Chateaubriant, lequel écrivait en 1829 :
"Le vice radical de la constitution politique de ce pays(le Vatican)est facile à saisir : ce sont des vieillards qui nomment pour souverain un vieillard comme eux. Ce vieillard devenu maître, nomme à son tour cardinaux des vieillards. Tournant dans ce cercle vicieux, le suprême pouvoir énervé est toujours assis au bord de la tombe." (in Mémoires d'outre-tombe, janvier 1829)

27 mars 2009

Svegliu d'Isula - Dio vi salvi Regina

GHJUSTIZIA!

Pienghji populu pienghji

A sintenza ùn hè di pace!

Pienghji populu pienghji

E guarda so chi u to Figliolu face

Pienghji populu pienghji

E spera davant'à quellu chi per tè

Soffre è si tace

Pienghji populu pienghji

Ghjuvan-Claudiu Acquaviva, chant de la Passion

(La sentence est tombée sur celui qui souffre en silence, pleure peuple, mais espère.)

25 mars 2009

Εις την Πόλη...


Είς την Πόλη, Istanbul, Vers la ville, son nom lui-même est un regard qui s'exprime, un désir qui s'élance. Alors rien ne la fixe, rien ne la fige, Istanbul, comme un corps de ballet à l'œuvre, paraît impossible à saisir tant le mouvement qui s'attache à elle, au point d'en être la trame et l'esprit, ne peut se rendre sans se figer et mourir. Rencontres, unions, dans la douceur ou la violence, la Ville a toujours laissé aux hommes le choix du scénario pourvu que son exécution lui procure de nouvelles ressources, réactive son élan vital. Égoïste et généreuse, elle se nourrit de toutes ces contradictions, antiquité modernité, pauvreté richesse, beauté laideur, logique aberration, là sont Orient et Occident, Islam et Chrétienté, Mer Noire et Méditerranée, dès lors la liste semble infinie de ces échanges qui associent tous les contraires et rythment comme des évidences la vie des stanbouliotes. Cependant, avec talent, voire génie, certains photographes parviennent à intégrer harmonieusement cette pulsation urbaine à leur art, cela sans que jamais on puisse songer académisme encore moins caricature. Parmi ces maîtres il n'est que de citer Marc Riboud dont le travail fut exposé en 2003( livre : Istanbul, 1955-2000 Imprimerie Nationale, 2003) chaque image montre qu'ici il n'y a qu'une seule civilisation riche d'influences, ici on se mélange, on se complète,et on est riche de l'autre, qu'on le veuille ou non.Une civilisation de la mixité et de l'échange.Nuri Bilge Ceylan lui fait prendre la pose, choisit de surprendre les points de vue, de les contraindre, pour en souligner la polymorphie, l'harmonieuse diversité, sous la neige ou le soleil. Enfin j'ai aimé sur Flickr les photos de Mike, lui semble transposer son amour de cette ville dans le regard des gens qu'il rencontre, Istanbul se pare de prénoms, d'humanité. Et moi, je promène ma nostalgie, ici ou là, cherchant le rappel de bruits et d'odeurs qui me manquent toujours davantage.

19 mars 2009

et une autre!!!!!!!!


on aurait pu craindre, l'âge aidant, être un brin déçu. mais non, ce pape c'est un festival à lui tout seul. une merveille catholique qui tourne en permanence sa mayonnaise théologico-économique en ridicule, poussant ses saintes réflexions jusqu'aux tréfonds de la bêtise crasse. la laisser faire, la laisser dire c'est déjà la manipuler cette pauvre vieille chose.
mais il n'y a pas que de la bêtise là-dedans. je me demande souvent pourquoi tant de vieux deviennent méchants, si ce n'est du douloureux sentiment d'avoir raté sa vie. c'est le sens initial du mot-concept de péché, c'est lorsque la flèche de l'archer manque sa cible, d'où, par extension rater sa vie, ne pas avoir su réaliser le dessein de dieu. je crains que ne se dresse un gros constat d'échec du côté du Vatican.

18 mars 2009

Simon Emil Ammitzboell


Inscrivons le nom de Simon Emil Ammitzboell au fronton du temple de nos espérances, ce député non-inscrit danois vient de faire adopter dans son pays une lois autorisant l'adoption pour les couples homoparentaux. Votée par 62 voix contre 53, la droite et l'extrème droite au pouvoir ayant laissé libre choix à leurs représentants à ce prétexte que de toute façon, les états avec lesquels existaient des accords d'adoption, eux, ne suivraient pas les évolutions légales de la société danoise. Rappelons une fois encore, que c'est en 1989 que le mariage civil entre personnes de même sexe fut légalisé dans ce pays pas si lointain.
Qui donc sera dupe de la mascarade qui fit s'affronter les Morano et autres Boutin au sujet de ce timide avant-projet de lois "relatif à l'autorité parentale et aux droits des tiers"? Texte destiné en tout premier lieu aux familles hétéros recomposées, mais permettant d'évoquer les familles homoparentales. Ce qui aurait pu être un débat de société, une prise de conscience de sa réelle évolution, (les familles homoparentales concernent pas moins de 30000 enfants!), dégringola au niveau des petites phrases lachées par les habituels tenants de l'homophobie. Point final vendredi avec ces éclaircissements de Bertrand, la tête du parti au pouvoir : "il ne s'agit certainement pas de rentrer dans une logique qui serait une logique de mariage homo ou d'adoption par des couples homos, ce ne sont pas mes convictions, ce ne sont pas les convictions de ma famille politique." Voilà tout est dit, la voix de son maître a parlé, alors tout ce foin c'était pourquoi? Nous prouver une fois encore que nous ne sommes pas prêts à de telles avancées.

12 mars 2009

TORI AMOS live BLOOD ROSES