01 avril 2009

"familles je vous hais"


l'attachement quasi maladif de certains à cette notion me demeure une énigme. hors l'enfermement que soulignait Gide, le psychodrame permanent résultant de cet agrégat consanguin m'a suffisamment blessé pour que je prenne définitivement mes distances avec. dernier évènement en date à rejoindre le passif de la douloureuse institution, la spoliation inter-fratrie pratiquée comme s'il en allait de la survie-même du code génétique concerné. me voici donc prévenu, l'appartement parisien de notre mère sera vendu, au bénéfice d'icelle bien sûr, du moins me l'assure-t'on quand je constate avec quelle soudaineté la joie a réinvesti le visage d'une sœur endettée jusqu'à l'os. on me dit plutôt négatif et soupçonneux, mais n'est-ce pas la maison de vieux que je reconnais là à son vilain remugle. Bon, qui plaindre ici des sœurs, des fils ou de la mère, moi qui m'indigne sans même parvenir à la colère?, ces gens me sont définitivement étrangers.Tant d'années passées de choc en souffrance pour ces quelques jolis souvenirs d'enfance qui clapotent parmi des larmes bien banales, ni joyeuses ni tristes,seulement dédiées aux temps perdus. On n'était pas là pour s'aimer en fait, dans l'ambiance feutrée des sales petits calculs, les uns contre les autres, chacun devait y laisser des bouts, oublier son être, se sacrifier. Cette vente m'accable et me libère, immeuble, quartier, odeurs ou bruits, lumières et bris de ciel, gens, commerces, tout était mien, tout était moi. Coins, recoins, éclats de rires, pleurs, joies et chagrins, premières amours, mondes secrets dans les toits de l'immeuble. Tout est là, dans ce petit espace de ville qui fut mienne un ridicule bout de temps. De gré ou de force il faut grandir, et vieillir aussi.

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