
Είς την Πόλη, Istanbul, Vers la ville, son nom lui-même est un regard qui s'exprime, un désir qui s'élance. Alors rien ne la fixe, rien ne la fige, Istanbul, comme un corps de ballet à l'œuvre, paraît impossible à saisir tant le mouvement qui s'attache à elle, au point d'en être la trame et l'esprit, ne peut se rendre sans se figer et mourir. Rencontres, unions, dans la douceur ou la violence, la Ville a toujours laissé aux hommes le choix du scénario pourvu que son exécution lui procure de nouvelles ressources, réactive son élan vital. Égoïste et généreuse, elle se nourrit de toutes ces contradictions, antiquité modernité, pauvreté richesse, beauté laideur, logique aberration, là sont Orient et Occident, Islam et Chrétienté, Mer Noire et Méditerranée, dès lors la liste semble infinie de ces échanges qui associent tous les contraires et rythment comme des évidences la vie des stanbouliotes. Cependant, avec talent, voire génie, certains photographes parviennent à intégrer harmonieusement cette pulsation urbaine à leur art, cela sans que jamais on puisse songer académisme encore moins caricature. Parmi ces maîtres il n'est que de citer Marc Riboud dont le travail fut exposé en 2003( livre : Istanbul, 1955-2000 Imprimerie Nationale, 2003) chaque image montre qu'ici il n'y a qu'une seule civilisation riche d'influences, ici on se mélange, on se complète,et on est riche de l'autre, qu'on le veuille ou non.Une civilisation de la mixité et de l'échange.Nuri Bilge Ceylan lui fait prendre la pose, choisit de surprendre les points de vue, de les contraindre, pour en souligner la polymorphie, l'harmonieuse diversité, sous la neige ou le soleil. Enfin j'ai aimé sur Flickr les photos de Mike, lui semble transposer son amour de cette ville dans le regard des gens qu'il rencontre, Istanbul se pare de prénoms, d'humanité. Et moi, je promène ma nostalgie, ici ou là, cherchant le rappel de bruits et d'odeurs qui me manquent toujours davantage.






1 commentaires:
Istanbul peine toujours à faire vivre en harmonie turcs et kurdes, musulmans et non musulmans (altersexuels et hétéros n'en parlons même pas!) mais comme toi, j'aime l'idée de sa diversité, l'utopie qu'elle représente, j'aime aussi beaucoup la musique de la langue qui s'y parle et la beauté des hommes qu'on y croise.
Merci pour les magnifiques portraits qu'en a fait Mike dont j'avais uniquement croisé les photos de lutteurs huilés après le combat.
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